Quels ont été les étapes avant le conventionnement avec l'Etat ?
En amont du conventionnement en tant qu’Institut pour la transition énergétique obtenu en 2019, il y a eu l’étape importante d’un accord cadre préliminaire avec l’Agence nationale de la recherche. Cela concrétisait le premier soutien direct de l’État à l’Association France Energies Marines que celui-ci voulait voir piloté par les acteurs industriels. En 2014, j’ai ainsi été missionné pour animer un groupe de travail sur les moyens d’assurer au sein de l’Institut une R&D au service de la filière industrielle.
Comment avez-vous œuvré dans ce contexte ?
Les énergies marines renouvelables étaient encore balbutiantes en France. Les acteurs académiques et privés du secteur, bien que concurrents, avaient tous la volonté forte de créer une communauté cultivant l’excellence universitaire et générant des résultats utilisables à court et moyen terme. Ce qui aujourd’hui semble aller de soi, était à l’époque une démarche pionnière. Nous appuyant sur cette dynamique, nous avons renforcé la transparence du financement de la R&D. Nous avons ainsi décidé de proposer un système de « jetons » permettant le fléchage direct des contributions vers des projets. Cela a permis de confirmer l’engagement des financeurs, notamment des industriels.
Que retenez-vous de cette époque ?
Tous ces éléments très positifs issus d’un travail collectif constructif ont convaincu la Direction générale de l’énergie et du climat, le Secrétariat général pour l’investissement et l’Agence nationale de la recherche de signer une convention cadre en 2015, avec un engagement de dix millions d’euros de financement étatique. Cette période pionnière a été une aventure humaine exaltante qui restera un point fort de ma carrière professionnelle.