Le Conseil d’administration de France Energies Marines a approuvé le lancement de quatre nouveaux projets de recherche et d’innovation associant 33 partenaires publics et privés. Représentant un investissement global de près de 10 M€, ces travaux visent à fournir aux acteurs de l’éolien en mer de nouvelles méthodologies et solutions pour renforcer la fiabilité des installations, réduire les coûts d’exploitation et améliorer leur intégration dans l’environnement marin. Les projets vont être lancés à l’automne 2026.
Répondre aux besoins de la filière
L’Institut France Energies Marines lance quatre nouveaux projets de recherche et d’innovation afin d’apporter des réponses à plusieurs enjeux clés de l’éolien en mer, qu’ils soient techniques, environnementaux ou sociétaux. Définis en concertation avec les industriels membres et partenaires de l’Institut, ces projets répondent à des besoins opérationnels identifiés par la filière en France comme à l’international. Ils traiteront de sujets stratégiques pour le développement de l’éolien posé et flottant : l’évaluation des impacts cumulés sur les écosystèmes marins, la durabilité des lignes d’ancrage en polyamide, la biocolonisation des structures en mer et la caractérisation de la turbulence atmosphérique grâce aux technologies lidar.
À travers cette nouvelle série de projets détaillés ci-dessous, France Energies Marines confirme son rôle de catalyseur de la recherche et de l’innovation au service de la filière de l’éolien en mer, en favorisant les synergies entre acteurs académiques, centres de recherche et industriels.
Quatre projets lancés cet automne
ACT NOW – Mieux évaluer les impacts cumulés des parcs éoliens en mer
Le projet ACT NOW vise à rendre opérationnels plusieurs outils de modélisation développés par France Energies Marines pour évaluer les effets cumulés des parcs éoliens en mer et des autres activités humaines sur les écosystèmes marins. A l’issue du projet, ces modèles, qui résultent de plus de dix ans de recherche, seront transférés aux acteurs de la filière sous forme de méthodologies et de logiciels mobilisables dans les études environnementales et les processus d’aide à la décision.
GLAMOOR – Etudier la dégradation des fibres synthétiques en vue d’une utilisation pour les ancrages permanents
Les lignes d’ancrage doivent maintenir les systèmes flottants en position dans des conditions environnementales difficiles. Les fibres synthétiques sont de plus en plus privilégiées par rapport aux chaînes en acier en raison de leur faible poids, de leur facilité d’installation et de leurs propriétés d’amortissement qui réduisent les efforts sur les flotteurs. Parmi ces matériaux, le polyamide 6 (PA 6) s’avère un bon candidat. Si la série de projets de R&D initiée depuis 2017 a mis en évidence les principaux mécanismes de défaillance des cordages en PA 6, des questions persistent quant à leur dégradation dans l’eau de mer sur de longues périodes. L’impact du milieu marin sur les propriétés mécaniques et la résistance à la fatigue de ces cordages doit aussi être étudié. C’est tout l’objet du projet GLAMOOR.
QUANTUM – Mieux caractériser et anticiper la biocolonisation des éoliennes offshores
Toute structure immergée en mer est progressivement colonisée par des organismes vivants. Ce phénomène, appelé biocolonisation, peut affecter les composants immergés des éoliennes tout en créant un effet récif. Pour mieux suivre ces évolutions, le projet QUANTUM développera des protocoles standardisés de suivi de la biocolonisation dans les parcs éoliens en mer et constituera des bases de données quantitatives. Des comparaisons de méthodologies et des recommandations claires seront fournies aux acteurs du secteur afin d’adapter les suivis aux contextes locaux et aux infrastructures. Une méthode d’analyse automatique d’images sera également développée pour détecter et identifier les espèces présentes sur les structures. Enfin, une expérimentation in situ sera mise en place pour évaluer la pertinence écologique de structures éco-conçues visant à renforcer l’effet récif des parcs.
TULIP – Mesurer de manière fiable et précise l’intensité de turbulence avec des lidars fixes et flottants
La turbulence atmosphérique jouant un rôle crucial dans l’évaluation des forces qui vont s’appliquer sur les éoliennes et dans le calcul de la production énergétique, il est essentiel de l’évaluer finement. TULIP s’inscrit dans une série de projets menés depuis 2021 sur la mesure de l’intensité de turbulence à l’aide de lidars dont le coût de déploiement est bien inférieur à celui de capteurs fixés sur des mâts en mer. L’obtention de données de turbulence à partir de lidars reste complexe, a fortiori dans le cas de plateformes flottantes. Un logiciel va ainsi être développé en vue d’obtenir des mesures de l’intensité de turbulence issues de lidars fixes et flottants, avec une précision conforme aux normes de l’industrie et un niveau de confiance acceptable pour les financeurs de projets éoliens.