Regards croisés
Publié le 28/08/2025
Herveline Gaborieau, notre Directrice générale, et Ronan Stéphan, notre Président, reviennent sur l’année 2024, les grandes tendances du secteur de l’éolien en mer et leur vision de l’évolution de l’Institut.
Que retenez-vous de l’année 2024 ?
Herveline Gaborieau : Le bilan est très positif ! Nous sommes désormais reconnus comme l’acteur qui fédère la recherche et l’innovation sur l’éolien en mer en France. Notre professionnalisme, qui se traduit par une tenue des délais, une maîtrise des budgets et des résultats de qualité, est très apprécié. Nos publications dans des revues à comité de lecture de renom et nos webinaires publics de restitution des projets de R&D contribuent à une reconnaissance de l’Institut par ses pairs, en France et à l’international.
En 2024, nos antennes Manche Est – Mer du Nord, Atlantique et Méditerranée se sont développées et affirmées comme de vrais relais sur les territoires. Il y a également eu une activité intense et soutenue de notre équipe pour instrumenter le mât de mesures de Fécamp dans le cadre du programme filière DRACCAR qui porte sur les interactions entre éolien en mer et environnement. Je souhaitais féliciter celles et ceux qui ont œuvré dans des conditions météorologiques particulièrement difficiles, tout au long de l’année.
Ronan Stephan : L’activité de France Energies Marines est en nette croissance. Les acteurs privés et publics viennent nous chercher pour travailler ensemble. Les industriels affichent leur satisfaction vis-à-vis des livrables que nous produisons et nous font confiance. Les académiques nous soutiennent également, à l’instar des universités Le Havre Normandie et Aix-Marseille qui ont fait le choix de devenir membre de l’Institut. Nos critères d’attractivité sont donc au vert, mais il y a des incertitudes dans le paysage qui conditionnent pour partie le maintien du dynamisme de l’activité. Dans ce contexte, le soutien de l’Etat s’avère plus que jamais précieux et nécessaire.
Quelles sont les grandes tendances qui se dessinent pour le secteur de l’éolien en mer ?
Herveline Gaborieau : Les différents appels d’offres (AO) en France génèrent et vont continuer de générer de l’activité. 2025 sera marquée par l’AO7 en Sud Atlantique et l’AO8 en Centre Manche concernant l’éolien posé, ainsi que par l’AO9 en Bretagne, Méditerranée et Sud Atlantique dédié à l’éolien flottant. Il y a également le lancement à venir de l’AO10 pour une puissance d’au moins 8 GW sur différentes façades maritimes. Même s’il y a une certaine frilosité vis-à-vis du flottant, c’est une technologie clé pour assurer la souveraineté énergétique de notre pays. France Energies Marines s’inscrit pleinement dans l’accompagnement de ces différents projets d’ampleur.
Ronan Stephan : La tendance vers le gigantisme des futures turbines est aujourd’hui acquise. Au plan européen, nous devons nous organiser et collaborer pour rester dans la course avec des machines de plus de 20 MW face aux acteurs chinois. En France, pour atteindre notre objectif de mix énergétique cohérent et robuste entre nucléaire et renouvelables, il est aujourd’hui impératif de mettre l’accent sur le changement d’échelle en matière d’éolien offshore. Pour cela, nous avons aussi un besoin crucial de faire évoluer notre réseau électrique et de travailler sur la résilience des interconnexions.
Comment envisagez-vous l’évolution de l’Institut à court et moyen terme ?
Herveline Gaborieau : Le programme filière RHODÉ, qui va porter sur les sous-stations électriques flottantes en courant continu, devrait être lancé en 2025. Il est structurant pour la filière française car il va accompagner la résilience du réseau et l’atteinte des objectifs en termes de mix énergétique à horizon 2050. L’international est, pour France Energies Marines, un levier de croissance très important. En 2024, nous avons élaboré de nombreuses réponses à des appels à projets européens dont certaines devraient porter leurs fruits dès 2025. De manière complémentaire, le soutien de l’Etat reste primordial pour que l’Institut et tous les acteurs de la chaîne de valeur puissent continuer à développer leur expertise.
Ronan Stephan : Nous avons effectivement une ambition internationale. La reconnaissance par nos pairs sur différentes thématiques clés est une base solide, qui se conjugue avec notre approche pragmatique et une équipe constituées d’individualités engagées au service de l’institut. Notre collectif reste extrêmement soudé et s’est encore enrichi avec un effectif en forte croissance ces dernières années.
Herveline Gaborieau : Notre équipe multidisciplinaire au sein de laquelle chacune et chacun affichent un socle commun de valeurs est effectivement une vraie force. Cet état d’esprit très collaboratif et cette agilité qui la caractérisent permettent à France Energies Marines d’être à l’écoute de ses membres, partenaires et clients. C’est une des clés pour s’inscrire dans la durée.
Crédit photo : Sylvain Coulaud